« On ne devrait pas tomber dans cette trappe de huer » - Serge Savard
Serge Savard, ancien capitaine et directeur général du Canadien de Montréal, comprend le sentiment de colère derrière les huées entendues au Centre Bell pendant l'hymne national américain, samedi dernier, avant le match entre le Canada et les États-Unis à la Confrontation des 4 nations, mais il condamne les partisans qui ont fait ce geste. Le Star-Spangled Banner avait déjà été chahuté au Centre Bell et à différents endroits au Canada avant ce match, en lien avec les menaces du président américain Donald Trump, mises à exécution, d'imposer des tarifs douaniers sur les produits canadiens. C'est une question de respect. Ce sont nos amis, les Américains. Ce n'est pas parce qu'une personne prend une décision qu'on doit détester l'ensemble du pays. Enrico Ciccone Photo : Société Radio-Canada Ses propos rejoignent ceux d'un autre ancien de la Ligue nationale de hockey (LNH), Enrico Ciconne. Celui qui est aujourd'hui député de Marquette à l'Assemblée nationale aimerait que le public canadien prête un plus grand respect à l'hymne de leurs voisins du sud. Mon père me disait toujours: "L'hymne national, peu importe la langue, peu importe le pays, on respecte ça, parce que les hymnes représentent le peuple, son histoire, sa culture." Le député de 54 ans convient toutefois que la population canadienne peut se sentir frustrée par le contexte politique : Celui qui a vécu plus de 10 ans aux États-Unis se dit attaché à la tradition des hymnes nationaux et ne souhaite pas les voir disparaître des avant-matchs, dans la LNH ou ailleurs. Serge Savard a été au cœur de la rivalité entre les Canadiens et les Soviétiques lors de la Série du siècle en 1972. Le Canada a obtenu son billet pour la finale de la Confrontation des 4 nations en défaisant la Finlande lundi. Il tentera de prendre sa revanche face aux États-Unis dans le duel ultime, qui aura lieu jeudi à Boston. Serge Savard, qui était présent lors du match de samedi, se désole aussi de voir des bagarres dans le cadre de matchs internationaux. Trois combats ont éclaté lors des neuf premières secondes d'action. Il y avait des familles réunies avec des enfants. C'est la première fois que je vois des batailles dans du hockey international. Ce qui me fâche le plus, c'est que c'était prémédité. C'était préparé d'avance, les frères Tkachuk l'ont mentionné après le match. Enrico Ciccone a vu là un retour en arrière, dans les années 1990 et 2000, avant que la ligue commence à prendre au sérieux les blessures à la tête. Après la défaite des siens, l'entraîneur-chef Jon Cooper avait défendu les gestes des joueurs, soutenant que personne n'avait fermé les yeux ou quitté l'amphithéâtre lors des bagarres. Enrico Ciccone, qui a écopé de 1469 minutes de pénalité au cours de sa carrière, ne voit pas nécessairement de lien entre les hymnes nationaux qui ont été hués avant la rencontre et la violence qui a ponctué le début de celle-ci.J’aimerais mieux bannir les hymnes nationaux que les huer, par respect pour les personnes qui sont sur la glace
, a déclaré Serge Savard en entrevue avec Patrick Masbourian à l'émission Tout un matin, lundi, sur ICI PREMIÈRE.C'est malheureux ce qui s'est passé, autant les batailles que ce qui s'est passé pendant l'hymne américain
, a poursuivi M. Savard. 
On peut être d'accord ou non avec leurs dirigeants en place, et j'ai beaucoup d'amis aux États-Unis et plusieurs ne sont pas d'accord avec leur chef, donc pourquoi ne pas démontrer une unité, un certain vivre-ensemble?
a-t-il indiqué en entrevue à l'émission Midi info, au micro d'Alec Castonguay.Je comprends que ça peut être un exutoire. Je peux comprendre que c'est notre façon d'envoyer un message, mais est-ce qu'il n'y a pas moyen de le faire autrement?
Ça fait partie du protocole
, a-t-il insisté.C'était devenu politique cette série-là, malgré nous
, se souvient l'ancien défenseur. C'est un petit peu la même chose que ce qui se passe aujourd'hui et on ne devrait pas tomber dans cette trappe, de huer.
Quand ça se produit, c'est repris à Fox News aux États-Unis, ça installe une vague de haine aux États-Unis. J'ai des amis aux États-Unis, ils m'ont tous appelé. L'hymne canadien va être hué à Boston lors des prochains matchs
, déplore le Sénateur
, qui a remporté huit Coupes Stanley comme joueur et deux comme directeur général avec le CH.Les bagarres
On voit les répercussions des bagarres sur les gars qui ont mon âge, 54 et 55 ans, qui ont des problèmes de pertes de mémoire, qui ont des symptômes de l'Alzheimer prématurément. Ça me dérange, ce n'est pas un bon exemple à donner
, a soutenu le politicien.Des commentaires comme ceux-là, ça me déçoit beaucoup
, a dit Serge Savard, qui milite aussi depuis longtemps pour l'abolition des combats au hockey.S'il y a une chose dont les hockeyeurs ne veulent pas se mêler, c'est bien de la politique, a-t-il dit. Ils savent que ça ne va pas ensemble. Les frères Tkachuk voulaient envoyer un message, ils voulaient donner le ton au match. Est-ce qu'ils ont fait ça à cause des tensions entre le Canada et les États-Unis? Parce que leur hymne a été hué? Je ne suis pas prêt à dire ça.
Mais c'est certain qu'il y a une fierté supplémentaire, une pression supplémentaire quand on représente son pays et pas juste une équipe. On rentre vite en mode patriotique
, a conclu l'élu.
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